Les Pieds sous le bureau se raconte en histoire

C’est l’histoire d’un coworking qui devait juste être un local administratif pour la Fédération. Mais comme il y avait de la place, on s’est dit que l’on allait y mettre des bureaux pour des indépendants. Puis on s’est aperçu que l’on pouvait en mettre 12…

Comme nous avions un petit budget, la fibre écolo, sur une énergie un peu folle nous avons décidé de tout fabriquer nous-mêmes. Sans connaissances préalables, mis à part quelques tutos glanés ici et là, nous – les irréductibles Nantaises -, nous sommes lancées dans l’aventure, et…

Nous avons l’immense plaisir de vous présenter :

LES PIEDS SOUS LE BUREAU – MAKING OF

Mise en scène de Frédérique DAVID, Décors de Marie-Hélène CHANTAL et Héloïse DURAND - Une production de Grégoire LECLERCQ

Des bureaux en bois, en mode DIY (do it yourself)

Entièrement en pin, les bureaux ont été élaborés en plusieurs étapes : la première a permis de découvrir que les scies circulaires de garçon, énormes et lourdes, brrr…, nous impressionnaient. Nous en avons acheté une plus maniable qui coupe des tasseaux de 3,8 cm.

Dans un premier temps, nous avons dû tout de même comprendre comment manier l’engin. Au bout de trois quarts d’heure d’explications – merci au patient vendeur de Leroy Merlin –, nous étions fin prêtes pour les fameux tasseaux.

Cela ne nous a pas empêché de galérer un peu pour qu’ils soient tous à 68,5 cm, la bonne hauteur. Nous avons bien rusé.

Pour les plateaux, nous avons choisi la simplicité : « Leeroy »  fait ça très bien.

Au moment de l’assemblage, les tasseaux ont été troués, recoupés pour ceux faisant leur mauvaise tête, vissés, collés, mis sur leurs pieds. Hourra, les bureaux sont prêts !

Connaissez-vous le dicton : « Le premier qui abîme un bureau risque gros » ?

Les bureaux le long du mur

Soit dit en passant, le mur ne devait pas être bleu. Mais le pinceau a ripé, et le résultat est top.

Sur l’arrondi du mur, nous nous sommes appliquées à reproduire son élégance avec un bureau léger, un côté aérien avec un peu de hauteur.

Montant vers notre ciel à nous, notre petite séparation est toute en finesse, à claire-voie. Vous l’aurez deviné, nous l’aimons beaucoup.

Les 2 chaises hautes sont notre coup de cœur, trouvées auprès d’un jeune créateur de meuble nantais. Deux personnes s’installeront ici pour travailler.

Dans cette partie du coworking, les affiches viennent d’un imprimeur bien nommé « le papier fait de la résistance« . D’autres sont attendues, chouette !

Posées ça et là sur ce plan et les bureaux, nos plantes sont habillées de légers cache-pots : les sacs des magasins bio chlorophylle/ biocop, tout simplement.

Les plafonniers

Les plafonniers sont notre seul achat auprès d’un célèbre fournisseur de meubles suédois. Marie-Hélène C. s’est collée à l’électricité ! Il a fallu improviser des plafonniers, ça ne ressemblait à rien avant ! Entre carton et bois, nous y sommes arrivées.

Le meuble d’épicerie

Nous regardions avec une certaine appréhension notre nouvelle acquisition : la scie sauteuse. En fait, d’une utilisation plus simple que la scie circulaire, elle permet de rattraper la coupe des tasseaux plus facilement.

L’aisance arrivant, c’est parti, et hop ! un meuble sur mesure pour l’épicerie : le petit coin où vous trouvez le thé, le café, la fontaine à eau filtrante (accessoirement notre boîte aux lettres).

Et en guise d’étagère, on a pris les chutes de tasseaux et hop !

Les chaises

Recyclage, quand tu nous tiens… Nous avons trouvé 11 chaises vintage sur le Bon Coin et récupéré 4 sur Donnons. Pour le tissu, nous avons choisi un camaïeu de jolis bleus. Dévissage de l’assise et du dos, coupe et pose du joli bleu, revissage… trop beau !

Les revisser n’a pas été une mince affaire, de nombreux allers-retours chez notre voisin Weldom, place Zola, nous ont permis enfin de trouver la solution 3 jours avant l’ouverture ! Ouf !

Conseil pour les chaises

Eviter de poser le tissu sur l’emplacement des vis.

ossature du canapé
le canapé prend forme
le canapé vous attend !

Le salon ou coin causette et déjeuner

Nous vous mettons au défi de trouver un mur droit chez nous. Notre canapé est, comme tout ici, fabriqué sur mesure, selon le principe universel des tasseaux en bois assemblés. La mousse, offerte par un monsieur sur le Bon coin, a été recouverte par les soins de Marie-Hélène C  de ce joli bleu que nous aimons tant. M.-H. a également recouvert le grand coussin.

Un peu de carton, du ruban de papier, et voilà les cornières aux bonnes cotes. Si, si, c’est du carton…

Les petits cubes ont été offerts par une personne sur le Bon coin qui, nous l’espérons, prendra plaisir à les retrouver au coworking.

L’espace VIP

Sous l’escalier se trouve notre cuisine sans eau et sans prise d’électrécité ! Nous y avons établi notre espace de rangement avec nos meubles sur mesure sur le sol bancal. Vive les chutes de tasseaux pour récupérer le niveau.

La boîte aux lettres

Pour vous c’est rien, mais pour nous ça veut lire beaucoup ! Au départ, par une fente d’une vieille porte condamnée de la rue d’à côté le facteur passait le courrier, courrier qui tombait par terre.

Sur la porte condamnée, du placo nous avons posé. Dans l’enthousiasme, les positions des tasseaux n’ont pas été repérées : adieu les étagères murales, vive le beau papier peint !

Une boîte aux lettres récupérée, dont le fond a été découpé, réceptionne désormais le courrier. Elle est positionnée sous un meuble fabriqué sur mesure. Dessus, sur le principe du Kapla avec des tasseaux restants, nous avons monté une étagère. Fontaine à eau, verres et tasses ont leur place dans cet espace.

Comment présenter les sacs pour le tri ? En fabriquant un support, pardi ! Certes, le support était un peu trop grand la première fois, la seconde était la bonne.

Et voilà une belle fontaine pour avoir une bonne eau filtrée, un compost pour les déchets végétaux emportés chaque semaine dans nos jardins.

N’oublions pas le grand et beau tube offert par le Géant des beaux-arts. Une fois peint et décoré par Julia – la fille de notre première coworkeuse, il reçoit chaque fin de journée les tasses et verres à laver. Le système n’est pas encore autonettoyant mais presque, puisqu’un lutin nettoie tranquillement tout ça.

L'espace phonique

L’espace phonique accueille l’une des deux cabines téléphoniques en carton de Marie-Hélène Zeidan, créatrice de meubles en carton.

Nos deux cabines reprennent le principe de celles présentes dans certains coworking, mais qui coûtent une fortune. Marie-Hélène Z. les a garnies d’une mousse phonique qui coupe vraiment le son, bluffant !  Le tout est complété d’un rideau phonique, confidentialité assurée.

A terme nous aimerions bien y mettre une petite cloison en placo sur la moitié. Avis aux amateurs, on manque d’énergie pour tester le montage de cloison en placo 🙂

2 tabourets hauts ont été achetés à l’école privée Sacré-Cœur et ensuite relookés. Pour écrire, une tablette en bois posée sur 2 supports en tubes PVC peints couleur cuivre.

Retournez-vous et vous verrez le meuble que nous avons conçu pour le réfrigérateur et le micro-ondes, sans oublier le petit banc pour se poser 5 minutes.

Sur sa droite,  notre meuble imprimante créé pile poil pour les papiers A4. Des caches pour les boxes sont en préparation.

 

Les séparateurs phoniques

6 cloisons phoniques – une production maison, bien sûr – permettent aux personnes de s’isoler du coworker en face. Elles se posent et s’enlèvent à loisir. Constituées de tasseaux vissés et collés, elles isolent du bruit grâce à la coque de carton renfermant la mousse phonique. Nous avons recouvert l’ensemble de papier peint (récupéré sur le Bon coin, mis-à-part un) et de ruban à papier kraft. Le tout vissé sur une planche de séparation de la longueur du bureau. Simple, élégant et efficace.

Le bureau de la Fedae

Dans cet espace qui est notre bureau, nous avons appris le sens du mot « ragréage », mieux, nous l’avons mis en œuvre ! Ce sol pas droit, pas droit du tout… Et ce mur qui tombe, comment faire ?

A force de cogiter, d’y croire, nous sommes parvenues à un résultat vraiment sympathique – et pas de Mary Poppins dans le coin pour nous aider !  Deux couches de ragréage plus tard, nous avons fabriqué nos bureaux et une superbe étagère avec des tiges filetées.

Le miroir en style verrière

On ne dirait pas, pas du tout que ce miroir a nécessité deux mois de fabrication. En bois, en carton peint, repeint, fixé de tous côtés pour qu’il ne tombe pas, il nous renvoie à merveille l’image du créateur heureux de son œuvre.

Les plantes

Même si nous avons eu à cœur de concevoir notre coworking avec une fibre écologique poussée, en fabriquant nos meubles, en récupérant au maximum, nous ne pouvons échapper à certains polluants* dans notre environnement. Notre arme secrète, les plantes assainissantes !

Pour vous, pour nous tous, nous avons choisi pour leurs propriétés dépolluantes la fleur de lune (spathiphyllum), la langue de belle-mère (sanseveria), l’aloe, l’areca (chrysalidocarpus lutescens), la phalengère (chlorophytum), le cactus vierge.

*ammoniac (produits ménagers, bricolage, etc.), benzène (plastique, encre, etc.), formaldéhyde (bois aggloméré, colle, textile, etc.), monoxyde de carbone (fumée), toluène (vernis, moquette, savon, laque, etc.), xylène et trichloréthylène (colle, vernis, dégraissant).

Les toilettes

Cette porte a été recouverte de carton...

Impossible d’évoquer notre coworking sans une virée aux toilettes, sa porte qui ne ferme pas, ses 15 couches de peinture et son sol au niveau incertain. Sans parler de son lavabo étrange au robinet qui fuit. Mais ça, c’était avant.

Nous avons commencé à poncer mais, au bout de 2 jours, Frédérique a décidé de passer à la phase carton. Héloïse a découpé le carton pour cette porte vitrée (logique pour des toilettes, non). La porte est restée plus d’un mois en l’état car il fallait la recouvrir des 2 côtés. Elle a fini par être peinte.

Les charnières « d’époque », ôtées, ont atterri comme il se doit dans le bac à métaux du recyclage.

Nico nous a enlevé une grosse épine du pied en la réinstallant. Miracle, elle s’ouvre et se ferme ! Hélas, le lavabo acheté sur le Bon coin empêchant la fermeture, nous avons décidé d’en acheter un neuf, le truc de folie !

Nous avons confié la plomberie à un professionnel, Adrien, de l’entreprise Home Moderne. Il nous a dépannées et monté ça à merveille. En passant, il nous a aidées à installer les cabines phoniques et donné quelques conseils ici et là.

Après le ragréage dans les toilettes aussi, nous avons posé un PVC de chez Frédérique, peint le tout, posé un miroir. Wouah!

Pour le rouleau pour les mains, trop cher neuf, nous avons lancé l’opération récupération de draps de bain, de quoi en coudre une dizaine.

Les participants

Ont mis leur grain de sel pour Les Pieds sous le bureau : Anwena (avec son stage de 3e avec Frédérique) qui, à la fin lorsque son père lui a demandé si elle voulait faire le même métier que Frédérique, lui a répondu avec entrain : « Ca ne va pas non ! c’est trop dur ! ».. Allez chercher pourquoi, ce n’est pas si difficile de créer des sites internet et d’animer des formations pourtant 🙂

Kathryn qui est prête à traduire le site en anglais pour un développement à l’international (Nonnnnnn…), Gwenaëlle, Nathalie qui a pris soin des plantes, normal avec ses mains magiques et son savoir de naturopathe à Nantes et Nicolas (tous les 4 membres du Bureau). Ce dernier nous sauvé la mise en refixant la porte des toilettes et en installant imprimante, réseau (expérience sans doute tirée de celle de créateur de logiciel de gestion pour autoentrepreneur), Grégoire (le président de la Fédération) qui à distance a contribué aux plans des bureaux, du canapé et tout l’aspect administratif (contrats du coworking), Gaëlle et Marie-Hélène (nos salariées) et nos chers bénévoles : Aurélie, Véronique, Héloïse (qui a apporté cette belle et très performante visseuse dévisseuse que l’on rechigne à lui rendre… on veut la même !), Lydia (qui a apporté les 2 chaises hautes), Myriam (est allée chercher les fauteuils bridge en Vendée), Axel, Morgan, sans oublier notre graphiste Yann Le Bellego (notre merveilleux logo)…..

pour les posters on s'est fait plaisir...

Nos astuces bricolage

Nous avons expérimenté toute sorte de désagréments, connu de belles réussites. Voici nos conseils…

Peindre et repeindre

Avant de peindre un meuble, pensez à le poncer légèrement par respect pour celui-ci et pour ceux qui pourraient un jour le récupérer. Nous avons traité de nombreux noms d’oiseaux inconnus ceux qui ont couvert et recouvert la porte des toilettes de multiples couches de peinture.

Pour peindre un mur, protégez les prises et les interrupteurs ; ne les peignez pas. Notre astuce en cas de traces : grattez au cutter et recouvrez d’un adhésif.

 

Ragréage

Sol du coworking

Avant de poser un sol, assurez-vous qu’il est à niveau. Cela évite aussi le mal de mer… Créer un canapé sur mesure avec un dénivelé peut se révéler problématique quand on n’a pas tenu compte de la pente.

Electricité

Avant de poser un plafonnier, ne trouez pas le plafond comme un jour. Il existe de jolis caches dans les magasins de bricolage.

Conseil en plus : quand vous changez un plafonnier, ne pas se faire toucher les fils au risque de tout faire disjoncter et ensuite chercher pendant une heure quel est le fusible à changer, car personne auparavant n’a pris le temps d’indiquer lequel correspond à quoi…

Cloisons

Veillez à l’épaisseur des cloisons en carton : trop fines, les vis passent à travers.

Seul avantage, on retrouve vite l’air de Pirouette Cacahouette 🙂

Plomberie

NE PAS Y TOUCHER !

Evitez de couper un tuyau qui dépasse du mur, même si vous pensez qu’il ne sert à rien : ce peut être… de l’eau courante et se transformer en fontaine improvisée (comment, ça sent le vécu ?).

Monter une étagère en filetage

Les tiges filetées donnent beaucoup de classe à  une étagère. Cependant, afin de ne pas bloquer les écrous, il est préférable de ne pas les peindre avant le montage. Sauf si vous avez quelques heures à perdre.

Nos outils

  • deux scies circulaires
  • Une scie sauteuse
  • Une perçeuse
  • Une ponçeuse
  • Deux visseuses
  • Vis, marteau, tournevis, cutter, etc.
  • Nécessaire à placo
  • Choses pour fixer la planche en coupant le bois 🙂
  • Carton
  • Colle à bois…

Curieux, cet appareil qui détecte ce qu’il y a au travers des murs. Nous l’avons surnommé le Détecteur à garçons. Il sonnait souvent en clignotant rouge, allez comprendre pourquoi. Il nous a en tout cas évité de faire des dégâts.

Prêtes à recommancer les filles ? heu.....